20/03/2013

Le Nouvel Age de la Solidarité

Compte-rendu de Claude Boucher

Dans le cadre du CAP’Agora, nous avons reçu le mercredi 30 janvier 2013, Nicolas Duvoux, sociologue, maitre de conférences à l’Université de Paris Descartes (CERLIS) pour la parution de son ouvrage « Le nouvel âge de la solidarité, pauvreté, précarité et politiques publiques » au Seuil, la république des idées.

Nicolas Duvoux a récemment publié "l’autonomie des assistés, sociologie d’insertion" (PUF, 2009)

Nicolas Duvoux qui est en permanence en quête d’échanges et d’informations a donné un titre optimiste à son livre… une manifestation de volonté dans un contexte d’essoufflement et d’un épuisement des formes de solidaritéS.

Il est vrai que depuis que nous sommes dotés de droits sociaux pour le travail, nous enregistrons un chômage de masse de longue durée. Aux solutions, le RMI, le RSA ont vite prouvé leurs limites et, il n’est pas rare de percevoir des paroles sur les soit disant « volontaires sans travail ».

Le filet social est de moins en moins protecteur et de moins en moins acceptable par la société. Les politiques sociales ne semblent pas atteindre les travailleurs précarisés. Le discours ambiant sur l’assistanat est discriminatoire. Le sentiment des exclus est un sentiment d’inégalités et qu’ils « n’ont droit à rien ». Nous avons du mal à sortir du clivage entre les « plus » pauvres et les « moins » pauvres.

Pour mettre un frein à tous ces discours conservateurs, il nous faut mettre les diagnostics et les constats sur la table.

Notre système d’aides est payé par prélèvements sur le travail et non par la contribution fiscale (qui ne redistribue aucune protection). Le rôle du capital serait de redistribuer quoi ?

Actuellement, nous confondons les politiques de lutte contre la pauvreté et la prévention sociale.  Pourquoi ne pas repenser les protections sociales ? faut-il une protection basée sur le travail ? sur le revenu universel (protection sociale déconnectée du travail) ? Il s’agit d’arriver à transformer les modes de distribution car, à ce jour, la société ne lutte pas contre la pauvreté mais l’organise. Il s’agit également de réfléchir sur la prévention de la pauvreté, par exemple des jeunes.

La difficulté est aussi dans le fait que les services publics ne veulent pas reconnaitre leurs responsabilités dans la dégradation des protections sociales. Arrêtons de contrôler la population à qui l’on vient en aide.

Il est impératif de donner, de rendre aux pauvres la responsabilité de s’auto organiser. Nous gagnerions en ruptures de droits et en non recours de droits. Les associations peuvent aider à ce que les pauvres soient partie prenante de la décision et de faire autrement avec les mêmes ressources.


 


 


28/02/2013

« Gouvernance associative : face aux enjeux de renouvellement et de parité, quelles innovations possibles ? »

Compte rendu du petit déjeuner du 21 février 2013 de la Fonda

Par notre envoyée spéciale Claude Boucher

En présence d’Olga Trostiansky, Présidente de la Coordination française pour le lobby européen des femmes, Secrétaire Générale du Laboratoire de l’Egalité et Adjointe au Maire de Paris, chargée des Affaires Sociales et de Jean-Louis Laville, sociologue, économiste, professeur au CNAM et, chercheur au Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique CNAM/CNRS. Le débat est animé par Roger Sue, sociologue, administrateur de la Fonda.

Roger Sue introduit le débat en rappelant que le pouvoir est le «pouvoir faire », le « pouvoir d’agir » et que la gouvernance est « qu’est ce qui bouge ? » ; l’institution se pose la question de sa gouvernance sur le rapport  qu’elle entretient avec le citoyen (Charte de l’usager,..) et tente de maintenir l’équilibre fragile entre instituant et institué.

Le statut associatif de la loi 1901 ne garantit pas une gouvernance démocratique. La diversité des associations fait qu’il y a un modèle démocratique pour chaque association. « l’esprit associatif » se doit être une pensée démocratique et sociale : un esprit démocratique.

Ces derniers mois, plusieurs notes sur la gouvernance, sur la parité au sein de l’ESS ont été éditées par la Fonda et la CPCA.

Jean-Louis Laville soulève le paradoxe entre la matrice des associations qu’est la pensée démocratique (1 personne = 1 voix) et les difficultés de fonctionnement rencontrées par les même associations. Les inégalités sont sans cesse réintroduites, sans questionnements.

Jean-Louis Laville pense que la cause est que l’association est tenue en lisière de l’ESS (beaucoup plus que les coopératives qui sont vécues comme le modèle type de l’ESS) et, que l’on réduit souvent l’association à un « service public au rabais ». Face à la professionnalisation des entreprises coopératives nous avons l’amateurisme des associations.

Pour travailler sur la gouvernance associative, il faut partir d’interrogations et de ce qui existe déjà : quelles sont les modalités de l’existant et non plaquer des normes aux associations (– pour ma part, je ne vois pas pourquoi les associations seraient en dehors de la loi, du code du travail par exemple – !!)

Dans un contexte social et à partir d’interrogations : qu’est ce qui est spécifique sur le fonctionnement associatif ? afin de répondre sur la question de la gouvernance : qu’est ce qui permet à la gouvernance associative de fonctionner ? quelle articulation y a-t-il entre le projet associatif et la gouvernance associative ? comment les associations se composent dans la dimension socio professionnelle ?

Olga Trostiansky présente la campagne sur les stéréotypes sexistes du laboratoire de l’Egalité que vous pouvez retrouver sur http://www.laboratoiredelegalite.org/ 

Olga Trostiansky qui est également à la Commission Consultative des droits de l’Homme que l’égalité entre l’homme et la femme est une réelle construction et, que l’enjeu de la parité est de mettre fin aux inégalités.

Peu de femmes occupent des postes de direction dans l’ESS - 50% des femmes occupent des postes de secrétariat « classique » c'est-à-dire moins décisionnel - Olga Trostiansky souhaite que le cadre législatif s’applique au monde associatif (droit du travail, et loi sur la parité.

-          73% d’hommes à l’Assemblée Nationale,

-          27% d’écart entre les salaires des hommes et des femmes, 60% d’écart sur le

montant de la retraite,

-          31% de femmes dans les conseils d’administration associatifs,

-          la majorité des femmes dans l’ESS sont en postes dans des structures médico sociales

(aides à la personne) et/ou culturelles et ONG (humanitaire) MAIS, 95% d’hommes dirigent ces structures culturelles.

En 2001, sous le gouvernement Jospin, dans le cadre de l’anniversaire de la loi 1901, une Charte de l’Egalité avait été élaborée. Il est temps de revisiter ce document à la lumière de l’actuelle réalité et, se donner pour 2020, l’objectif 50/50 à tous les niveaux. Pour cela, Olga Trostiansky propose que l’on profite, dans les 10 prochaines années, de l’opportunité du renouvellement des dirigeants associatifs. Nous pourrions ainsi rééquilibrer l’implication des usagers, appliquer la parité et la diversité sociale et éliminer le décalage générationnel.

Il s’agit de prendre conscience que nous véhiculons chaque jour des stéréotypes sexistes dans le monde des médias, de l’éducation,… Le vocabulaire est banalisé.

La parité doit être reprise dans les projets associatifs comme une innovation. C’est un défi culturel que toute l’ESS doit relever dans les prochains mois en créant une dynamique démocratique en son sein.

Suite aux interventions, plusieurs questions ont été soulevées, en particulier par le Collectif FemmESS sur la question de l’emploi des femmes dans l’ESS. Les questions démocratiques doivent être accrochées à partir de questions économiques.

L’association « Pouvoir d’Agir » « si l’on ne fait avec on fait contre » ; Il faut que le monde associatif soit interpellé dans ses obligations de parité mais aussi sur d’autres de ses obligations démocratiques : il n’y a pas que les femmes qui sont touchées mais également les jeunes, les immigrés, les minorités ethniques.

La notion de l’utilité sociale est à remettre au gout du jour ainsi que de mettre ensemble les notions de bien commun et d’intérêt général.

Il est impératif de faire participer au projet associatif toutes ses composantes. Comment se fait-il que l’entreprise soit dans l’obligation de faire participer au projet ses salariés et pas le monde associatif.  

Les associations ne sont pas seulement des entreprises mais sont aussi des lieux d’expressions.

28/11/2012

Speed-dating du bénévolat organisé à l’Hôtel de Ville le 3 décembre

photo.JPGCOMMUNIQUE DE PRESSE

Les Parisiens volontaires ont jusqu’au 29 novembre pour s’inscrire au grand speed-dating du bénévolat organisé à l’Hôtel de Ville le  3 décembre !

Dans le cadre de la journée mondiale du bénévolat, la Ville de Paris organise un speed-dating, lundi 3 décembre de 17h à 19h à l’Hôtel de Ville.

20 associations de plusieurs domaines (solidarité, social, culturel) à la recherche de bénévoles seront présentes pour rencontrer les Parisiens qui souhaitent s’engager.

Tous les Parisiens volontaires peuvent participer à ce speed-dating en s’inscrivant avant le 29 novembre sur le site : paris.fr/benevolat.

Cet événement s’inscrit dans l’action menée depuis 2008 par la Ville de Paris, sous l’impulsion de Gisèle Stievenard, pour soutenir toutes les initiatives qui contribuent à créer des liens de solidarité entre les Parisiens (avec notamment la constitution d’une Réserve solidaire d’agents retraités de la Ville de Paris ou encore d’un réseau de commerçants solidaires) et valoriser l’action des 400 000 bénévoles parisiens.

Personnalité présente

Gisèle Stievenard, adjointe chargée de la politique de la Ville et de l’engagement solidaire

Hamou Bouakkaz, adjoint  chargé de la démocratie locale et de la vie associative

Date et lieu de l’événement :

Lundi 3 décembre de 17h à 19h

Hôtel de Ville : 3, rue Lobau - Paris 4ème

Contact presse

Service de presse : 01 42 76 49 61 - service.presse@paris.fr